DYSPAREUNIE…

Le prof. JB Dubuisson et le Dr S Jovanovic vous en parlent…

Docteur, je suis génée quand j’ai des relations avec mon conjoint…
Docteur, J’ai mal quand je fais l’amour avec mon partenaire…

C’est grave ?, je dois me faire examiner ?, j’ai l’impression que ça s’aggrave… mon partenaire me délaisse…

Voici les principales questions posées par nos patientes qui viennent consulter pour Dyspareunie.
Dyspareunie, c’est la présence de douleurs pendant les relations sexuelles.
Avant, le sujet des douleurs pelviennes pendant les rapports sexuels était rarement abordé. Certaines patientes, surtout après l’accouchement considéraient que c’était presque normal après un tel événement. Les patientes parlaient rarement entre elles de ce problème. Dans les traités de médecine, quelques lignes seulement étaient consacrées à la dyspareunie, à côté des quelques lignes sur le vaginisme et la frigidité., domaines s’intégrant dans la psychopathologie sexuelle.
La dyspareunie est un long chapitre, avec de multiples aspects cliniques.
Pour la patiente et pour le gynécologue, c’est pas bien facile de parler sur ce sujet… Beaucoup de questions intimes seront posées, parfois gênantes et toujours confidentielles…
On parle de dyspareunie primaire ou secondaire. Une vie sexuelle jusqu’à ce jour épanouie et satisfaisante et qui pose maintenant des problèmes, correspond à une dyspareunie secondaire. On doit évoquer en premier lieu un facteur psychogène, difficultés du couple, changement de partenaire, difficultés professionnelles, problèmes familiaux… On doit évoquer en deuxième lieu une cause organique, vulvaire, vaginale, pelvienne.
La dyspareunie primaire est souvent plus délicate à explorer, angoisses, frigidité, anomalies congénitales et organiques, problèmes hormonaux…
On parle de dyspareunie permanente ou intermittente, parfois associées à ine infection urinaire ou à une névralgie pelvienne.

Il faut aussi distinguer les dyspareunies d’introduction, en profondeur, ou occasionnelle selon la position.

Quoiqu’il en soit un bilan clinique complet est à envisager. Citons, l’apparition d’une inflammation récente (mycose, MST ?), une inflammation en rapport avec des lésions lichenoides en période ménopausique. Une épisiotomie récente, une chirurgie périnéale, une chute hormonale (ménopause) ne seront pas oubliées . L’exploration du vagin recherche une malformation en cas de dyspareunie primaire, ou une vaginite mycosique ou infectieuse. Le toucher vaginal, l’échographie, voire l’IRM si nécessaire rechercheront une cause organique. La principale est l’endomériose pelvienne, rythmée souvent par le cycle, mais il peut s’agir de kyste ovarien, de fibrome utérin ou d’adhérences pelviennes, voire de prolapsus. Il y a quelques dizaines d’années, on insistait sur le syndrome de Masters et Allen avec varicose pelvienne, déchirures ligamentaires, hypermobilité utérine, rétroversion utérine chez la multipare.
Les traitements à disposition dépendent donc de la cause. Mais parfois tout est négatif. Il s’agit alors d’une dyspareunie « psychogène » parfois secondaire à un conflit personnel. C’est dire l’importance d’une approche multidisciplinaire où le psychologue, voire le sexologue interviendront…