Auteur : Médecin Gynécologue

Pilule du lendemain, moins efficace si…

Vous prenez depuis moins de 4 semaines un traitement antiépileptique, certains médicaments anti-VIH, certains traitements des mycoses ou à base de millepertuis ? Ces produits diminuent l’efficacité de la contraception hormonale d’urgence (NorLevo, lévonorgestrel), plus connue sous le nom de pilule du lendemain. Deux solutions : se faire placer un stérilet au cuivre dans les cinq jours qui suivent le rapport sexuel ou, si cette option est impossible, doubler les doses. Le pharmacien vous conseillera.

Source : Agence nationale de sécurité du médicament, janvier 2017.

FIBROMES UTERINS

Appelés aussi myomes, les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes mais responsables de douleurs au bas ventre, de l’accroissement du volume de l’abdomen, de saignements anormaux et de règles abondantes. Ces fibromes risquent aussi d’entrainer des troubles de la fertilité (absence de grossesse ou fausse couche). Lorsque les symptômes altèrent la qualité de vie de la femme, un traitement chirurgical est recommandé.

Myomectomie réalisée par laparoscopie.

A ce jour, aucun traitement médical permettant le traitement définitif du fibrome n’existe. Le traitement chirurgical conservateur des fibromes, qui consiste en l’ablation de ces derniers, porte le nom de myomectomie. La laparoscopie est réalisée pour les fibromes sous-séreux (en surface de l’utérus) ou intramuraux (dans la profondeur du muscle). Les fibromes ne doivent cependant par dépasser 8-10 cm de diamètre. Dans les cas contraires, les fibromes sont trop gros pour être enlevés par laparoscopie et devront être retirés par laparotomie par un  gynecologue geneve (incision de la paroi abdominale, comme une césarienne). Lorsque le fibrome est retiré de l’utérus par laparoscopie, l’ouverture est refermée par des fils qui se résorbent en quelques semaines, assurant une bonne cicatrisation.

Myomectomie par hystéroscopie.

Cette technique est indiquée lorsque le fibrome est à l’intérieur, dans la cavité. Ces techniques sont indiquées pour augmenter les possibilités de grossesse et chez les femmes désirant conserver leur utérus.

Hystérectomie ou ablation de l’utérus.

Dans des cas avancés de fibrome, l’utérus est enlevé dans sa totalité ou partiellement (le col est alors laissé en place). Dans ce second cas, il est primordial d’effectuer une surveillance post-opératoire du col par un contrôle annuel systématique, pour éviter toute apparition de cancer du col.

En fonction de la pathologie, de l’âge et des désirs de la patiente, il arrive aussi que la trompe et l’ovaire (d’un côté ou des deux côtés) soient retirés. Cette technique appelée annexectomie n’est réalisée que dans des cas très précis. L’hystérectomie peut aussi être indiquée en cas d’adénomyose utérine ou de cancer utérin.

Comment aider et traiter les femmes ayant une endométriose, dans notre pratique privée au cabinet.

Pr. JB Dubuisson, Dr S Jovanovic, Institut médical de Champel, Genève.

Pourquoi un tel sujet ? Pour rappeler que l’endométriose est une pathologie vraiment courante de gynécologie générale, au même titre que les fibromes, et que la prise en charge se fait en cabinet médical. Une fois le diagnostic posé et les bases du traitement choisi début, il est important d’informer les patientes de leur pathologie et aussi qu’il existe des soutiens tels que l’ « Association Suisse Vivre avec l’endométriose ».

C’est au gynécologue de discuter avec la femme du meilleur choix thérapeutique, médical, chirurgical ou associant les deux.

La majorité des endométrioses peuvent être traitées par le gynécologue à orientation chirurgicale par laparoscopie. La chirurgie coelioscopique de l’endométriose est en général aisée, bien que conservatrice et méticuleuse, consistant en une kystectomie sur l’ovaire, ou une ablation d’implants péritonéeaux, une libération d’adhérences autour de l’ovaire ou de la trompe, ou d’exérèse d’un nodule limité. Il est important pour lui de suivre deux règles évidentes.

La première est de faire l’ablation de tous les implants d’endométriose.

La deuxième est de suivre méticuleusement une technique atraumatique, quasiment microchirurgicale car il s’agit de patientes jeunes ayant souvent un désir de grossesse et il ne faut pas que le geste chirurgical soit responsable par lui-même d’infertilité (création d’adhérences, excision majeure sur l’ovaire ou la trompe).

En revanche, le bilan diagnostic ayant été établi par l’examen gynécologique, l’échographie d’un expert voire d’une IRM, Il est aussi important de dire que les femmes ayant une endométriose sévère, qui nécessitent une prise en charge à la fois gynécologique et digestive ou à la fois gynécologique et urologique devraient , en revanche, être adressées aux centres de référence ainsi que celles souffrant d’une récidive complexe obligeant à réintervenir.

Il reste à discuter le problème de certaines patientes qui sont atteintes d’infertilité avec un bilan orientant vers l’endométriose.

La fécondation in vitro est certainement le meilleur choix à faire, quand il est possible financièrement. La prise en charge par un centre de PMA est à envisager sans trop tarder, surtout chez les patientes ayant passé l’age de 35 ans. La FIV est à privilégier, plutôt que les stimulations ovariennes répétées isolées, sources d’éventuelles aggravations de la maladie endométriosique.

Enfin de rappeler que les formes graves sont du domaine des centres d’expertise car les éventuelles complications post-opératoires heureusement fort rares, sont fort difficiles à gérer en pratique privée.