Docteur, j’ai peur d’avoir attrapé une vaginite…

Prof. JB Dubuisson, Dr S Jovanovic, Institut Champel.

Chère madame,
Le mot vaginite correspond à une pathologie bien précise. C’est une inflammation du vagin, au départ aigue, mais qui devient parfois chonique. A priori, c’est dû à une infection. La patiente souffre de démangeaisons, de sensation de piqûre, sur la vulve, mais parfois aussi dans le vagin. De véritables douleurs vaginales peuvent être notées.
Parfois, la patiente est gênée par des pertes vaginales inhabituelles, odorantes, ou abondantes ou de consistance trop épaisse ou trop liquide.

Quelle est la cause de ma vaginite ?

Les causes sont multiples. Les vaginites sont souvent infectieuses provoquées par des bactéries, des levures (mycose) voire des virus.
– Le plus souvent, c’est une perturbation de l’équilibre de la flore vaginale. Une modification du pH, une prolifération anormale des bactéries ou des levures de champignon après antibiotiques sont souvent responsables. Le pH du vagin est légèrement acide, et les bacilles de Doderlein participent au bon équilibre.
L’hygiène parfaite, les bonnes habitudes vestimentaires sont aussi importantes : Se changer après transpiration inhabituelle, se laver après bain en piscine ou lac, laver à 60 d° les sous-vétements, se raser, ces points interviennent aussi pour prévenir la vulvo-vaginite. La pilule oestro-progestative contraceptive, les rapports sexuels fréquents et irritants surtout en cas d’utilisation des condoms vont aggraver le risque. On a aussi incriminé le sucre.
La ménopause non hormono-substituée peut provoquer une fragilité muqueuse surtout s’il y a une atrophie vulvo-vaginale.
On observe donc surtout la vaginite de la famille des mycoses avec la candidose vaginale (candida albicans retrouvé au prélèvement) et aussi la vaginose bactérienne (dû à la Gardnerella vaginalis).
– Les vaginites peuvent être secondaires aux maladies sexuellement transmissibles, après contamination par un partenaire infecté. La trichomonase ou vaginite à trichomonas vaginalis est la plus banale. Plus sérieuse est la Chlamydiose, secondaire au chlamydia trachomatis, insidieuse parfois, attaquant le col et pouvant toucher les trompes. Il faudrait citer aussi la gonorrhée et le VIH.

Comment faire pour prévenir une rechute ?

Prendre des bonnes habitudes. D’abord alimentaires, limitant le sucre et avec vitamines A et C. Puis hygiéniques, en prenant des slips plutôt lâches en coton et en les lavant à 60d°, toilettes externes quotidiennes avec un savon légèrement acide ou lotion à base de Camomille, irrigations vaginales (bidet, poire è irrigation) de temps en temps pour laver et enlever les dépôts muqueux et de candidose observés.

Quel est le traitement de ma vaginite ?

Votre médecin vous prescrira le traitement adapté.
Les mycoses vaginales ont déjà été traitées dans un autre article dans « SOS Gynécologie ». La vaginose bactérienne se traite par le métronidazole par voie orale ou vaginale. La trichomonase se traite aussi par le métronodazole en dose unique. Il est toujours préférable de traiter le partenaire. Pour les autres germes, les ovules antiseptiques suffisent. Il ne faut surtout pas oublier de controler le col (frottis, recherche d’HPV, et aussi recherche de chlamydia si risque sexuel.

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