Incontinence urinaire et chirurgie mini-invasive

Incontinence urinaire et chirurgie mini-invasive avec filet, que faire depuis cette polémique internationale ?

JB Dubuisson, S Jovanovic.
Institut médical Champel, Genève.

Les nombreuses polémiques actuelles sur les prothèses vaginales pour traiter les incontinences urinaires d’effort et les prolapsus génitaux ont provoqué quelques doutes chez certains chirurgiens et chez certaines patientes. Tout a commencé avec quelques complications graves en lien avec la prothèse (ou filet) mise en place : érosions vésicales, urétrales, infections sévères, ré-interventions multiples… qui ont entrainées des plaintes, soit isolées soit de groupements de consommateurs, contre les chirurgiens puis contre les compagnies fabriquant les prothèses, avec des procès retentissants (versements de plusieurs millions de $ à une américaine). Ce phénomène a débuté en 2012 et s’est amplifié, et dure encore maintenant… touchant le Royaume Uni, l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Canada et certains états américains… Beaucoup de compagnies fabricants de prothèses vaginales ont préféré cesser la fabrication et la vente .

Le problème est que avocats et juges ont fait un amalgame entre la cure de prolapsus par voie vaginale avec filet et cure d’incontinence urinaire d’effort avec bandelette, alors que cette dernière technique entraine rarement des complications….

Les sociétés savantes ont été amenées à prendre position… Le 9 juillet 2018, en Angleterre, la commission « NICE » qui est officiellement déterminante, et le gouvernement anglais ont déclaré un arrêt d’utilisation des prothèses, bandelettes, filets qui sont posés par voie vaginale jusqu’à une nouvelle évaluation officielle et des nouvelles conclusions qui devraient être publiées dans quelques mois.
Les autres sociétes européennes ont été moins sévères. Elles ont cependant fait des recommandations officielles qui ont une répercussion sur la prise en charge des troubles de la statique pelvienne. Le problème est que depuis le début de l’affaire des prothèses vaginales, les avocats, les juristes et les patientes ont amalgamé les cures de prolapsus faites par voie vaginale et les cures d’incontinence urinaire avec bandelette sous-urétrale type TOT ou TVT…Alors que les complications surviennent avec les cures de prolapsus et très rarement avec les TOT ou TVT !.

Que faire aujourd’hui ? Certainement continuer à pratiquer les cures d’incontinence urinaire par bandelette sous-utétrale, TOT ou TVT. La bandelette sous-urétrale est la technique la plus mini-invasive pour la patiente et elle est efficace avec environ 80% de succès. Toutefois, si on prévoit cette technique, il faut suivre les recommandations dictées par les sociétés européennes. Briévement, il faut informer la patiente du risque (faible) de complications directement lié au matériel de prothèse. Il faut aussi l’informer par écrit de toutes les complications possibles et faire un rapport médical précis.
Une conséquence observée dans certains pays? un retour de la pratique du procédé de Burch par laparoscopie, qui n’utilise pas de prothèse… mais ce n’est pas encore le cas en Suisse…

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